Info
Content

Les ressources du territoire

La pluviométrie

La pluviométrie est inférieure à 1m/an sur le territoire de l’Ecocité. Le littoral Ouest, « sous le vent » est une des zones les plus sèches de l’Ile (Zone PP3).

Précipitations à la Réunion

Figure 1 : Précipitations à la Réunion (Source : Méteo France, 2014)

La disponibilité de cette ressource dépend de sa régularité et de l’intensité des événements et des caractéristiques de ruissellement et d’infiltration (très liés à l’imperméabilisation des sols). Au niveau de l’Ecocité, la pluviométrie est concentrée sur 40 jours par an de novembre à mai en moyenne et ne peut donc être stockée efficacement. Les écoulements issus des bassins versant amont sont intermittents voire  violents et difficiles à capter. La priorité est plutôt à la gestion du risque inondation. 

Par ailleurs, la qualité des eaux de ruissellement est généralement faible et ses usages en tant que ressource sont limités ou doivent faire l’objet de traitements.

On notera également la forte évapotranspiration. Sur la planèze de Saint-Paul, elle est estimée à environ 1 300 mm/an (Elaboration du SAGE OUEST – Phase 1 « Etat des lieux »). L’écart observé entre précipitation et évapotranspiration fait de l’Ecocité un territoire en déficit hydrique.

Ressources souterraines

Le territoire de l’Ecocité héberge les nappes de la rivière et de la plaine des Galets constituant un système dit « Le Port La Possession » ainsi qu’une partie de la nappe de « l’Etang Saint-Paul ».

L’aquifère « Le Port La Possession » est principalement alimenté par le système de la rivière des Galets alimenté à l’amont par les ruissellements du cirque de Mafate. Il est constitué de plusieurs niveaux qui interagissent au grès de la géologie et définissent plusieurs sous-systèmes représentés sur la carte suivante.

Figure 2 : Carte des ressources souterraines du système « Port-Possession » (Source : Etat des Lieux, SAGE 2006)

Le fonctionnement de ce système est complexe et présente de nombreuses interactions du fait de la géologie du site (carte ci-après) :

Figure 3 : Fonctionnement des aquifères "Port-Possession" (source SAGE 2006 et SOGREAH)

L’aquifère de « l’Etang Saint-Paul » fonctionne séparément de celui de la Rivière des Galets de dont il est séparé par une barrière naturelle (ancienne coulée de boue imperméable).

Figure 4 : Fonctionnement de l'aquifère de "l'Etang Saint-Paul" (source Etat des lieux SAGE 2006)

Le fonctionnement hydraulique de l’étang Saint-Paul est issu d’un équilibre complexe et d’échanges entre remontées d’eaux souterraines et écoulements via l’ouverture du cordon littoral (cf. encadré ci-après).

Au total, le SAR estime la ressource disponible au total à 17L/s/km² sur la zone Ouest, accessible par forage et à 33L/s/km² sur la zone Mafate en amont, accessible par forage et transfert. A noter que cette ressource est mobilisée par le projet Irrigation du Littoral Ouest (ILO, cf. encadré ci-après).

Le SAR identifie la nappe phréatique de Saint-Paul comme ressource stratégique d’alimentation en eau potable.

L’évaluation environnementale du SAGE Ouest fait état de pompages trop important générant une remontée du biseau salé et d’une difficulté de protéger certains captages.

Plusieurs secteurs sont concernés par des contaminations de nappes (nitrates et pesticides) principalement en lien avec les activités agricoles.

La qualité de ces ressources souterraines sur le périmètre de l’Ecocité est toutefois qualifiée de bonne à très bonne (carte ci-après).

Figure 5 : Etat de la qualité des eaux souterraines (Source : SAGE 2013)

Ressources de surface

Les eaux de surface sur l’Ecocité peuvent être réparties en 3 grands ensembles:

  • La rivière des Galets ;
  • La planèze de la Possession ;
  • La planèze et l’étang de Saint-Paul.

Le bassin versant de la rivière des Galets a une surface d’environ 117 km² à l’embouchure. Le cirque de Mafate en représente 80 km². La pluviométrie dans le Cirque est élevée (>1 600mm/an) et assure une recharge conséquente du système.

La rivière des Galets suit ensuite un cours encaissé jusqu’au débouché sur la plaine des Galets. Les endiguements la contraignent alors jusqu’à l’océan. Dans cette partie aval, les eaux s’infiltrent quasiment totalement à l’étiage et la continuité hydraulique n’est plus assurée jusqu’à l’océan.

Figure 6 : Hydrographie générale de l'Ecocité (Source : SAGE 2013)

Le bassin versant de la planèze de la Possession représente une surface d’environ 32 km². Le réseau hydrographique de la zone se caractérise par deux ravines principales non pérennes :

  • La ravine à Marquet et son affluent la ravine La Mare ;
  • La Grande ravine des Lataniers.

L’Etang de Saint-Paul est l'exutoire des émergences d'eaux souterraines. Son niveau d'eau à l’étiage est entièrement contrôlé par le degré d'ouverture du cordon littoral.

Les ressources en eau de ce secteur sont caractérisées par une imbrication forte entre les eaux souterraines et les eaux de surface. Les émergences d'eaux souterraines constituent, hors période de pluie, l'intégralité de l'alimentation de l'Etang Saint-Paul. Elles se situent le long de la route du Tour des Roches.

Le réseau hydrographique de la zone se caractérise par l'absence de ravine pérenne. Il y a au total une dizaine de ravines sèches. Elles se jettent toutes dans l'Etang de Saint-Paul qui joue le rôle d'exutoire.

La qualité des eaux de surface s’améliore pour le système de la rivière des Galets mais une contamination persistante aux pesticides est toujours observée (carte ci-dessous).

Figure 8 : Qualité des eaux de surface (Source : SAGE 2013)

Ressources alternatives et secondaires

Une volonté de substituer à l’eau potable une eau de qualité moindre mais suffisante pour les usages associés (certains usages industriels, irrigation,…) :

  • Un projet pilote de réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des espaces verts de la ville du Port est en cours sur la Station d’Epuration du Syndicat Intercommunal d’Assainissement Port-Possession : fin du pilote septembre 2013, objectif de mise en service 2nd semestre 2016.
  • Des projets similaires souhaitent voir le jour sur les stations d’épuration de Cambaie et de l’Hermitage.

Une ressource exogène : le transfert du PILO

Les ressources du territoire sont complétées par un transfert conséquent des ressources des Hauts à travers les projets « Irrigation du Littoral Ouest ».

 

Synthèse des ressources

En mois moyen, les ressources mobilisées à l’échelle de la microrégion Ouest propres au territoire sont de 2.78 Mm3/mois moyen (soit 33.4 Mm3/an) et de 2.38 Mm3/mois d’étiage. Les marges de manœuvre pour la mobilisation accrue des ressources déjà exploitées restent faibles.

Seule la ressource importée via le transfert ILO (Irrigation du Littoral Ouest) à l’heure actuelle (prélèvements uniquement opérationnels sur les ressources de Mafate soit 3.57 Mm3/mois moyen et 42.84 Mm3/an) présente encore des marges de manœuvre. En effet, la mise en service des prises d’eau permettant de prélever les ressources associées au cirque de Salazie en 2015 permettra d’accroître l’apport pour atteindre10.67 Mm3/mois soit plus de 100 Mm3 en année moyenne. Ces données sont néanmoins à relativiser à l’étiage.

Le poids d’ILO au sein des ressources du territoire est donc prépondérant et l’ensemble des ressources du territoire est parfois très vulnérables (étiage, fortes pluies, pollutions). En outre, certaines ressources potentielles existantes sont identifiées dans le cadre de l’étude Prospectiv’Eau (BRGM) mais elles restent quasiment impossibles à exploiter avec les moyens techniques et financiers actuels.

La forte dépendance au PILO représente un risque majeur pour l’Ecocité et l’expose à des pénuries d’eau grave en cas de dégradation du dispositif (y compris acte de malveillance).

Pour certains usages autres que la consommation humaine, l’opportunité de recycler des eaux usées traitées semble également devoir être approfondi.

Ci-après, carte de synthèse de la mobilisation des ressources en 2010.

Back to top